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L'enseignement biblique qui mène

à la maturité spirituelle

"C’est pourquoi, maintenant que nous avons laissé la doctrine fondamentale concernant le Christ, portons-nous vers la maturité"

(Hébreux 6:1)

Pour avoir une idée plus complète de ce que suppose la maturité, dans la spiritualité biblique, nous pouvons nous attarder quelques instants sur la définition du mot grec de ce texte: "Teleiotes". Selon la Strong's Concordance (G5047), c’est l’état spirituel de complétude mentale et moral, la perfection ("(The state) completeness (mentally or morally) ; perfection (-ness)"). Dans certaines traductions bibliques ce mot est traduit par : "perfection" (Bible de la Liturgie ; Bible Chouraqui) ; "maturité" (Bible Segond ; Traduction du Monde Nouveau) ; "stade adulte" (Bible du Semeur). Dans la King james version, il est écrit, à propos de ce même verset : "Allons vers la perfection" (Let us go on unto perfection (Teleiotes)). Dans le texte grec de l’évangile de Matthieu, qui rapporte les propos du Christ dans son sermon sur la montagne (Jésus ne parlait pas le grec, il parlait l’hébreu), on retrouve la même racine de ce mot "Teleiotes": "Vous devez donc être parfaits, comme votre Père céleste est parfait" (Matthieu 5 :48). L’adjectif qualificatif "parfait" vient du mot grec "Téleios" (Strong's Concordance (G5046)). De sorte que l’on peut dire que l’homme mûr est quelqu’un qui est parvenu à une perfection dans l’expression de sa spiritualité (l’expression "homme", s’applique tant à l’homme qu’à la femme).

Selon Jésus-Christ, cet état spirituel de "perfection" ou complétude, exprimé par l’amour pour son prochain, est tout à fait accessible à des humains, même pêcheurs (Matthieu 5:43-48). On peut aussi constater que Jésus-Christ ajoutait à cette "perfection" requise, la pureté du cœur qui est dépourvu de toutes mauvaises intentions (Jean 13:10 "Vous êtes purs"). Et pour ce qui est de l’apôtre Paul, cet état spirituel de "perfection" ou maturité, permet d’être des enseignants de la Parole de Dieu, mais aussi, d’avoir du discernement quant à savoir ce qui est bon ou mauvais: "Mais la nourriture solide est pour les hommes mûrs, pour ceux qui, par l’usage, ont les facultés de perception exercées à distinguer et le bien et le mal" (Hébreux 5:14).

Dans la partie du texte hébraïque de la Bible, l’Ancien Testament, le mot qui se rapprocherait le plus, du mot grec pour "maturité" ou perfection, est le mot "intégrité", traduit de l’hébreu "tummâh" (Strong's Concordance (H8538)), qui veut dire aussi, "innocence" dans le sens d’absence de culpabilité. Ce mot hébreu vient d’une autre racine "tôm" (Strong's Concordance (H8537)), qui peut signifier : complet, intégrité, parfait, perfection, droit, droiture : "Jusqu’à ce que j’expire, je ne me dessaisirai pas de mon intégrité !" (Job 27:5). Ainsi, à l’exemple du fidèle serviteur de Dieu, Job, un humain, homme ou femme, peut accéder à une complétude, perfection, intégrité, aux yeux de Dieu et du Christ, et ce, malgré notre état de pécheur génétiquement et spirituellement hérité d’Adam (Romain 5:12).

Voyons quelques caractéristiques de l’homme mûr. Il a de la perspicacité, du discernement, il voit ce qu’il y a derrière les apparences, il a une grande capacité d’anticipation. Il ne se laisse pas facilement influencer par l’opinion des autres. Il a un sens critique (d’analyse) exercé, ce qui ne lui empêche pas de percevoir la perspicacité d’autrui et d’en accepter parfois le point de vue. Cet "homme mûr" est un "homme spirituel" : "Cependant, l’homme spirituel examine réellement toutes choses, mais lui-même n’est examiné par personne" (1 Corinthiens 2:15). La profondeur de sa personnalité et la richesse de son intériorité, façonnées au fil des années, ne permet pas de la cerner rapidement, ou d’en comprendre facilement les contours. Il est par essence humble et modeste, conscient de ses propres limites en tant que simple être humain. La spiritualité biblique, faite de prières, de méditations et de lectures régulières de la Bible, l’aident dans ce sens (Michée 6:8).

Sur le plan la spiritualité biblique, il n’a pas constamment besoin de lois écrites sous formes d’interdictions ou d’injonctions, car elles sont écrites dans son cœur et guident sa conscience. Il en connait la substance, les raisons profondes, ce qui lui permet de discerner ce qu’il faut faire dans les situations intermédiaires, ambigües, voir inattendues. D’ailleurs, dans une des prophéties concernant la nouvelle alliance, voici ce qu’a fait consigner Jéhovah Dieu dans sa Parole : "Car voici l’alliance que je conclurai avec la maison d’Israël après ces jours-là ”, c’est là ce que déclare Jéhovah. “Oui, je mettrai ma loi au-dedans d’eux, et dans leur cœur je l’écrirai. Oui, je deviendrai leur Dieu, et eux deviendront mon peuple" (Jérémie 31:33). Désormais le chrétien n’est plus sous l’autorité d’un code de plusieurs centaines de lois car Christ en est la fin; le chrétien est désormais sous la loi royale du Christ (Romains 10:4 ; Jacques 2:8). Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?

En lisant le sermon sur la montagne en Matthieu chapitres 5 à 7, Jésus-Christ donne à ses auditeurs une leçon de comment passer de l’application de la Loi donnée à Israël par Moïse, à celle du Christ, par cette fois, l’application de la substance de la loi divine ou du principe éternel qui la soutent, tel que l’amour par exemple. Le lecteur attentif notera à plusieurs reprises l’expression, "mais moi je vous dis". C’est une façon d’en expliquer ce qui en fait sa raison profonde et une manière de dire : "c’est terminé de pratiquer la loi de Dieu de manière formaliste et hypocrite", désormais c’est par vos mobiles et vos pensées que vous l’appliquerez, ou non: "Cependant moi je vous dis que tout homme qui continue d’être en colère contre son frère en répondra devant le tribunal. (…) Mais moi je vous dis que tout homme qui continue à regarder une femme de manière à éprouver une passion pour elle a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. (…) Cependant moi je vous dis : Ne vous opposez pas à celui qui est méchant ; mais qui te gifle sur la joue droite, tourne aussi vers lui l’autre joue" (Matthieu 5:22,28,39).

Par conséquent, si le chrétien a gagné en liberté, il a hérité d’un devoir de responsabilité, qui l’oblige en vertu de sa conscience,  dépositaire de ce nouveau code de loi chrétien, écrit de manière invisible, dans le cœur, le siège des mobiles les plus profonds: "Car l’amour que le Christ a nous oblige, parce que nous avons jugé ceci : qu’un seul homme est mort pour tous ; ainsi donc, tous étaient morts ; et il est mort pour tous afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort pour eux et a été relevé" (2 Corinthiens 5 :14,15).

Nous allons voir que la maturité n'est pas une finalité, mais un état spirituel qui permet de nouvelles perspectives pour le chrétien qui l'atteint, dans le cadre de son ministère, comme l'a écrit sous inspiration l'apôtre Paul : "En effet, alors que vous devriez être des enseignants" (Hébreux 5:12). Mais comment atteindre la maturité ? Pour cela, nous nous baserons sur un texte du livre biblique des Proverbes au chapitre 2:

"Mon fils, si tu reçois mes paroles et si tu conserves avec soin auprès de toi mes commandements, pour prêter à la sagesse une oreille attentive, afin d’incliner ton cœur vers le discernement ; si en outre tu appelles l’intelligence et si vers le discernement tu fais retentir ta voix, si tu continues à chercher cela comme l’argent, et si tu le recherches sans relâche comme des trésors cachés, alors tu comprendras la crainte de Jéhovah et tu trouveras la connaissance de Dieu. Car Jéhovah lui-même donne la sagesse ; de sa bouche [viennent] connaissance et discernement. Il conservera avec soin la sagesse pratique pour les hommes droits ; il est un bouclier pour ceux qui marchent dans l’intégrité, en observant les sentiers du jugement, et il gardera la voie de ses fidèles. Alors tu comprendras justice et jugement et droiture, toute la voie de ce qui est bon" (Proverbes 2:1-9). Cette acquisition de la maturité spirituelle a deux objectifs majeurs, la crainte de Jéhovah, et la connaissance de Dieu.

La crainte de Jéhovah Dieu

Celui qui a atteint la maturité chrétienne, a de la sagesse, du discernement, de l'intelligence, la connaissance de Dieu. Ce texte explique la raison principale qui devrait nous encourager à l'atteindre: "comprendre ce que signifie la crainte de Jéhovah". Effectivement, la recherche de ces qualités spirituelles très désirables, devrait être centrée sur notre relation exclusive avec Jéhovah Dieu.

Bien évidemment, la "crainte" de Jéhovah qui est mentionnée dans ce texte, n'a rien à voir avec une peur morbide de Dieu, l'effroi constant d'un châtiment divin. Une telle crainte est incompatible avec l'amour pour Dieu: "Dieu est amour, et celui qui demeure dans l’amour demeure en union avec Dieu et Dieu demeure en union avec lui. Voici comment l’amour a été rendu parfait chez nous, pour que nous ayons de la franchise au jour du jugement, parce que tel est celui-là, tels nous sommes, nous, dans ce monde. Il n’y a pas de crainte dans l’amour, mais l’amour parfait jette dehors la crainte, parce que la crainte est un frein. En fait, celui qui vit dans la crainte n’a pas été rendu parfait dans l’amour. Quant à nous, nous aimons, parce qu’il nous a aimés le premier" (1 Jean 4:16-19).

Par conséquent, comment aimer quelqu’un que l’on crainte en même temps. Prenons, les exemples d’un montagnard et d’un marin. Ces deux personnes sont en contact étroit avec la nature, et en connaissent les lois. Ils en tiennent compte. Le montagnard sait que lorsque l’orage se forme brusquement, il est indispensable qu’il trouve un abri pour ne pas risquer de se faire foudroyer. La crainte qu’il a de ces phénomènes atmosphériques que sont les orages ou un brouillard épais qui pourrait lui faire perdre son orientation, ou des risques d’avalanche, l’amèneront probablement à annuler une randonnée qu’il avait prévu. De même pour le marin, il y a certaines saisons où les tempêtes sont plus fréquentes et par conséquent, autant que faire se peut, il évitera de se trouver dans une situation qui pourrait lui faire perdre la vie.

Dans ces deux cas, même s’il ne s’agit pas d’une relation avec une personne, mais de lieux ou de phénomènes naturels, on peut parler d’un "crainte" du montagnard ou du marin, de se trouver dans des situations qui peuvent leur couter la vie : "L’homme astucieux qui a vu le malheur s’est caché ; les personnes inexpérimentées qui ont passé outre en ont porté la peine" (Proverbes 27 :12). Comme le montre ce proverbe, cette crainte qui résulte en prudence, est le résultat d’une longue expérience car il est question d’un homme "astucieux" ou expérimenté. Si vous deviez demander à ce montagnard et ce marin, de parler respectivement de la montagne et de la mer, vous allez vite comprendre qu’en général, ‘ils aiment ces lieux naturels, ils ressentent une fascination, une attraction, et ce, malgré la crainte salutaire des phénomènes climatiques dangereux, propre à la montagne et à la mer.

On peut dire que la crainte salutaire de Dieu est de même nature ou similaire. Nous aimons Dieu, mais nous savons en même temps que nous ne devons pas dépasser certaines limites ou faire n’importe quoi, ce qui pourrait, à terme, couter la vie. En Malachie, il y a une belle description d’une relation paisible entre Dieu et un serviteur fidèle, voici ce que l’on peut lire: "Quant à mon alliance, elle était avec lui, alliance pour la vie et la paix, et je les lui donnais, avec la crainte. Et il me craignait ; oui, à cause de mon nom il était terrifié. La loi de vérité était dans sa bouche, et il ne s’est pas trouvé d’injustice sur ses lèvres. Il a marché avec moi dans la paix et dans la droiture, et nombreux furent ceux qu’il a ramenés de la faute" (Malachie 2:5,6). Il est écrit que cet homme est "terrifié" ou dans l’effroi du Nom de Jéhovah car il en perçoit la majesté et la puissance redoutable qu’il induit. Néanmoins, cette "crainte" n’empêche pas cet homme d’être en paix avec Dieu et travailler avec Lui en harmonie.

Le terme hébreu "yirâh" traduit par "crainte" de Jéhovah, dans le texte des Proverbes peut avoir le sens de "révérence", c'est-à-dire, crainte révérencielle (Strong's Concordance (H3374)). Ce qui veut dire que la personne qui a atteint la maturité chrétienne, comprendra que sa relation avec Jéhovah est un grand privilège qu’il nous accorde. De plus, lorsque nous nous approchons de Dieu par la prière, nous pouvons le faire avec franchise, mais aussi avec une crainte révérencielle qui est due à la Personne la plus importante parce qu’il est le Créateur de toutes choses (Révélation 4:11).

Trouver la connaissance de Dieu

Quand l’humain commence à trouver la connaissance de Dieu, cela veut dire qu’il est en situation de comprendre spirituellement ce que Dieu lui enseigne. Cette connaissance mentionnée dans le texte des Proverbes que nous examinons, est à la fois inhérente à la personne de Jéhovah Dieu (Yéhowah Elohim), mais aussi à ce qu’Il veut nous enseigner. Jésus-Christ (Yéhoshuah Mashiah), a évoqué cette connaissance: "Ceci signifie la vie éternelle : qu’ils apprennent à te connaître, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ" (Jean 17 :3). Cette connaissance à la fois de Dieu le Père et son Fils Jésus, est une promesse de vie éternelle, à condition que nous restions fidèles jusqu’à la fin (Matthieu 24:13). L’expression "apprendre à connaître" Dieu, avec celle de Proverbe, parvenir à la connaissance de Dieu, décrit un processus spirituel qui consiste à être en phase de compréhension de l’enseignement de Dieu et du Christ.

Quand l’humain est dans cette situation spirituelle bénie, la connaissance de Dieu et du Christ devient claire et compréhensible : "En ce temps-là, Jésus dit alors : “Je te loue publiquement, Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intellectuels, et que tu les as révélées aux tout-petits" (Matthieu 11:25). Dans le cas contraire, l’humain ne parvient pas à atteindre la connaissance de Dieu et du Christ. Peut-être a-t-il accès aux supports où se trouvent écrites les pensées de Dieu et du Christ, il peut les comprendre intellectuellement, cependant, il ne les comprend pas spirituellement (Nous verrons, un peu plus loin, cette différence entre ces deux compréhensions, avec l’exemple de Saul de Tarse, qui plus tard s’appellera l’apôtre Paul).

Les moyens que Dieu nous donne de le connaitre, ainsi que son Fils, est la Bible, la Parole de Dieu : "Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour reprendre, pour remettre les choses en ordre, pour discipliner dans la justice, pour que l’homme de Dieu soit pleinement qualifié, parfaitement équipé pour toute œuvre bonne" (2 Timothée 3 :16,17). Mais il y a un autre moyen de connaître Dieu, par l’observation et la compréhension de sa création.

Trouver la connaissance de Dieu en observant sa création

Le deuxième moyen de trouver la connaissance de Dieu, est le "livre" de la création qui une expression silencieuse de la divinité de Jéhovah Dieu, le Créateur : "Car ses qualités invisibles se voient clairement depuis la création du monde, parce qu’elles sont perçues par les choses faites, oui sa puissance éternelle et sa Divinité" (Romains 1:20). "Les cieux proclament la gloire de Dieu ; et l’œuvre de ses mains, l’étendue l’annonce. Un jour après un autre jour fait jaillir le langage, et une nuit après une autre nuit révèle la connaissance. Il n’y a pas de langage, et il n’y a pas de paroles ; chez eux aucune voix ne s’entend" (Psaumes 19:1-3). La nature ou la création en générale, est un moyen que Dieu utilise pour enseigner les humains en et ses serviteurs en particulier. Voyons quelques-unes de ces recommandations divines :

"Il y a quatre choses qui sont les plus petites de la terre, mais elles sont sages d’instinct : les fourmis sont un peuple qui n’est pas fort, et pourtant elles préparent en été leur nourriture ; les damans sont un peuple qui n’est pas fort, et pourtant ils placent leur maison sur un rocher ; les sauterelles n’ont pas de roi, et pourtant elles sortent, elles toutes, divisées en groupes ; le gecko saisit avec ses mains et il est dans le magnifique palais du roi" (Proverbes 30:24-28).

"Va vers la fourmi, paresseux ; considère ses voies et deviens sage. Bien qu’elle n’ait ni commandant, ni préposé, ni chef, elle prépare sa nourriture durant l’été ; elle a amassé ses vivres pendant la moisson. Jusqu’à quand, paresseux, resteras-tu couché ? Quand te lèveras-tu de ton sommeil ?" (Proverbes 6:6-9).

Dans son sermon sur la montagne, Jésus-Christ a dit que son Père s’occuperait de ceux qui seraient soucieux de travailler aux intérêts du royaume de Dieu. Pour appuyer cette garantie, il a montré comment Dieu s’occupe des animaux et de la nature en générale : "Voilà pourquoi je vous dis : Cessez de vous inquiéter au sujet de vos âmes, quant à ce que vous mangerez ou à ce que vous boirez, ou au sujet de votre corps, quant à ce que vous mettrez. L’âme ne signifie-t-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Observez attentivement les oiseaux du ciel, parce qu’ils ne sèment, ni ne moissonnent, ni ne ramassent dans des magasins ; pourtant, votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en s’inquiétant, peut ajouter une seule coudée à la durée de sa vie ? Et au sujet du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Recevez la leçon des lis des champs, regardez comment ils croissent ; ils ne peinent ni ne filent ; mais je vous dis que pas même Salomon, dans toute sa gloire, n’a été revêtu comme l’un de ceux-ci. Si donc Dieu habille ainsi la végétation des champs, qui est là aujourd’hui et demain est jetée au four, ne vous habillera-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? Ne vous inquiétez donc jamais, disant : ‘ Qu’allons-nous manger ? ’ ou : ‘ Qu’allons-nous boire ? ’ ou : ‘ Qu’allons-nous mettre ? ’ Ce sont là, en effet, toutes les choses que les nations recherchent avidement. Car votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces chose" (Matthieu 6:25-32).

En Job du chapitre 38 jusqu’au 41, Jéhovah Dieu, utilise la description de certains aspects de sa création pour instruire et discipliner Job. Par quelques exemples choisis, Dieu va inviter Job à être un peu plus modeste, en étant conscient de sa petitesse et sa grande vulnérabilité, au regard de l’immensité et de la puissance de la création de Dieu. Voyons quelques passages bibliques, principalement en désignant les références des versets:

Tout d’abord, Jéhovah introduit son propos en demandant fermement à Job de l’écouter : "Quel est celui qui obscurcit le conseil par des paroles sans connaissance ? Ceins tes reins, s’il te plaît, comme un homme robuste, que je te questionne, et tu me renseigneras. Où étais-tu quand j’ai fondé la terre ?" (Job 38:2-4). Effectivement, il suffit de lever les yeux au ciel pour voir des milliers d’étoiles et de galaxies créées il y a des millions et des milliards d’années (Psaumes 8:3,4).  En Job 38:31-37, Jéhovah fait observer à Job qu’il n’a aucun pouvoir sur les étoiles, sur les cieux terrestres composés des nuages de différentes sortes, qu’il n’est pas en mesure de les diriger, ni même l’énergie des éclairs. Au chapitre 39, Jéhovah attire l’attention de Job sur le monde animal, particulièrement, celui qui est sauvage et qui n’a pas besoin des hommes pour vivre. Jéhovah dit à Job que l’humain ne peut pas dompter le zèbre et encore moins le taureau sauvage (5-12). On peut continuer cette lecture jusqu’au chapitre 41, où Jéhovah fait bien comprendre, par de nombreux exemples de la création, la petitesse de l’humain, et qu’à ce titre, il doit rester humble et modeste.

Par conséquent, Jéhovah Dieu et son Fils Jésus-Christ nous encouragent à observer la création pour apprendre davantage à "craindre Dieu" (Proverbes 2:1-9). La science (ou les sciences) qui consiste à observer ou étudier en détail certains aspects de la création de Dieu est indissociable de la spiritualité. La science s'efforce d'expliquer le "comment" et la spiritualité basée sur la Bible, explique le "pourquoi". D'ailleurs, dit en passant, Jéhovah Dieu, dans sa Parole la Bible, indique ceci à ceux qui auraient l'impression d'en savoir beaucoup : "Voyez ! Ce sont là les bords de ses voies, et quel murmure de la chose a-t-on entendu à son sujet !" (Job 26:14 comparer avec Job 38-41). C’est une invitation simple à la modestie dans l’acquisition des connaissances spirituelles bibliques et des sciences. Dans le livre des Proverbes chapitre 2:1-9, nous trouvons quatre qualités nécessaires pour parvenir à la crainte de Dieu et la connaissance de Dieu.

La connaissance, l'intelligence, le discernement et la sagesse pratique

Si le fait de vouloir atteindre la maturité chrétienne requiert des efforts et de la patience, selon ce texte des Proverbes, on ne peut l'atteindre qu'avec l'aide de Dieu : "Car Jéhovah lui-même donne la sagesse ; de sa bouche [viennent] connaissance et discernement" (Proverbes 2:1-9). Jésus-Christ a confirmé que l'acquisition de la sagesse qui est conforme aux yeux de Dieu, n'est absolument pas l'aboutissement d'un processus intellectuel qui consisterait à l'obtenir comme on obtient un diplôme : "En ce temps-là, Jésus dit alors : “Je te loue publiquement, Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intellectuels, et que tu les as révélées aux tout-petits" (Matthieu 11:25). Ainsi avant d'acquérir la sagesse, nous devons humblement, comme un "tout-petit", la demander à Dieu, par la prière : "Si donc l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande sans relâche à Dieu, car il donne à tous généreusement et sans faire de reproche ; et elle lui sera donnée" (Jacques 1:5).

Néanmoins Dieu attend de nous, selon le livre des Proverbes, que nous fassions des efforts constants, à la fois pour l'acquérir, mais aussi pour la garder : "si tu continues à chercher cela comme l’argent, et si tu le recherches sans relâche comme des trésors cachés" (Proverbes 2:1-9). Jésus-Christ a montré que souvent la bénédiction de Dieu s'obtient à force d'insistance qui est la manifestation visible que cela nous tient à cœur: "Continuez à demander, et on vous donnera ; continuez à chercher, et vous trouverez ; continuez à frapper, et on vous ouvrira. Car tout homme qui demande reçoit, et tout homme qui cherche trouve, et à tout homme qui frappe on ouvrira. Oui, quel est l’homme d’entre vous à qui son fils demande du pain — il ne lui remettra pas une pierre, n’est-ce pas ? Ou peut-être demandera-t-il un poisson — il ne lui remettra pas un serpent, n’est-ce pas ? Si donc vous, bien que vous soyez méchants, vous savez donner des dons qui sont bons à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent !" (Matthieu 7:7-11).

La connaissance en relation avec l’intelligence qui vient de Dieu

L'intelligence dont il est question en Proverbes 2:1-9, n'est pas liée à la simple faculté innée de compréhension et de mémorisation des connaissances générales. Dans la Bible il y a des exemples de personnages qui avaient une grande connaissance des textes bibliques, néanmoins, qui passaient à côté de l'essentiel ou n'avaient aucune intelligence du sens profond du message. Prenons l'exemple de Saul de Tarse (qui plus tard s’appellera l'apôtre Paul), avant qu'il devienne chrétien: "Je suis un Juif, né à Tarse de Cilicie, mais éduqué dans cette ville-ci aux pieds de Gamaliel, instruit selon la rigueur de la Loi ancestrale, étant zélé pour Dieu, comme vous l’êtes tous aujourd’hui. J’ai persécuté à mort cette Voie, liant et livrant aux prisons hommes et femmes, comme m’en sont témoins le grand prêtre et toute l’assemblée des anciens" (Actes 22:3-5 comparer avec Matthieu 23).

Nous ne pouvons pas nier que Saul de Tarse connaissait la Bible et probablement mieux que la plupart des chrétiens qu'il persécutait. Néanmoins, il lui manquait l'essentiel, l'intelligence qui vient de Dieu et qui consistait à comprendre que Jésus est le Christ. Le récit des Actes nous montre comment Dieu lui a donné l'intelligence par le moyen du Christ, en lui faisant littéralement tomber les écailles des yeux: "Or comme il faisait route, il approchait de Damas, quand soudain une lumière venant du ciel brilla autour de lui, et il tomba à terre et entendit une voix qui lui disait : “ Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ” Il dit : “ Qui es-tu, Seigneur ? ” Il dit : “ Je suis Jésus, que tu persécutes. Toutefois, lève-toi et entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire. ” Or les hommes qui faisaient route avec lui se tenaient là, tout interdits : ils entendaient bien le son d’une voix, mais ne voyaient personne. Mais Saul se releva de terre et, bien qu’il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. Ils le conduisirent donc par la main et le menèrent à Damas. Et pendant trois jours il ne vit rien, et il ne mangea ni ne but. (…) Alors Ananias partit et entra dans la maison, et il posa les mains sur lui et dit : “ Saul, frère, le Seigneur — ce Jésus qui t’est apparu sur la route par laquelle tu venais — m’a envoyé, afin que tu retrouves la vue et que tu sois rempli d’esprit saint. ” Et aussitôt tomba de ses yeux quelque chose de semblable à des écailles, et il retrouva la vue ; il se leva et fut baptisé" (Actes 9:1-19).

Il y a donc une différence entre la connaissance disponible dans la Bible qui peut être comprise avec une intelligence purement intellectuelle et l'intelligence spirituelle qui vient de Dieu. L’intelligence donnée par Dieu, est la capacité de comprendre le sens profond de sa pensée, par le moyen du Christ : "Car “ qui est parvenu à connaître la pensée de Jéhovah, pour l’instruire ” ? Mais nous, nous avons la pensée de Christ" (1 Corinthiens 2:16). Quand une personne comprend par l'acceptation dans son cœur de la connaissance biblique, on peut dire qu'elle manifeste une foi conforme à la volonté de Dieu et qu’elle a l’intelligence que Dieu donne, qui se manifeste par celle-ci: "La foi est l’attente assurée de choses qu’on espère, la démonstration évidente de réalités que pourtant on ne voit pas" (Hébreux 11:1). Cette intelligence de la foi, permet de "voir" ou percevoir des réalités qui ne se voient pas…

De l’intelligence au discernement

Le discernement ou la perspicacité est un degré plus élevé d’intelligence, qui permet de comprendre des connaissances plus complexes, dans la spiritualité biblique. Dans la lettre inspirée de Paul aux Hébreux, il fait allusion a deux formes de connaissances, celle qui est élémentaire et la "nourriture solide", qui est une connaissance plus profonde. Dans le texte grec, il y a effectivement deux mots qui font allusion respectivement à ces deux catégories de connaissances. Ils sont ensemble, dans la deuxième lettre de Pierre, Gnosis et Epignosis: "Que la faveur imméritée et la paix vous soient multipliées par une connaissance exacte (Epignosis) de Dieu et de Jésus notre Seigneur. (…) Oui, pour cette raison même, déployant en retour tout effort sérieux, fournissez à votre foi la vertu, à [votre] vertu la connaissance (Gnosis), à [votre] connaissance (Gnosis) la maîtrise de soi" (2 Pierre 1:2,5,6).

Dans cette traduction de la Bible, l'expression "connaissance exacte", semble illustrer la précision d'une connaissance plus complexe, plus détaillée. Elle permet de savoir quand le mot grec "Gnosis" (Connaissance) et "Epignosis" (Connaissance exacte), apparaissent respectivement, dans le texte grec par le moyen de cette traduction. Néanmoins, toute connaissance, quel que soit la difficulté de compréhension qu'elle exige, devrait être "exacte" (tout du moins pour son détenteur). Par conséquent, il est intéressant d'examiner la définition de ces deux mots et ensuite revenir sur la lettre inspirée de Paul, aux Hébreux. Le mot grec "Gnosis" est traduit par connaissance au sens général (dans plusieurs domaines) ou science (Strong's Concordance (G1108)). La préfixe grec "Epi" (devant Gnosis), a le sens général d'élévation ou de direction (Strong's Concordance (G1909)). Par conséquent, le mot grec "Epignosis" fait allusion a une connaissance plus "élevée", qui exige un plus grand degré d'intelligence, du discernement. Le sens "directionnelle" du préfixe "Epi", indique une connaissance plus spécialisée, plus détaillée (Strong's Concordance (G1922)). Par conséquent, l'intelligence, est à la connaissance en général (Gnosis), ce qu'est le discernement ou la perspicacité à la connaissance plus complexe (Epignosis).

Cependant, lorsque nous lisons le dialogue entre Dieu et Job, Jéhovah Dieu le questionne sur différents domaines de la connaissance de la création, des sciences, ce qui suppose une connaissance générale de ces choses. Par exemple, Jéhovah Dieu, dans les différentes questions rhétoriques qu’il pose à Job, Il aborde la connaissance de diverses sciences: Job 38 : L’aménagement originel de la terre pour recevoir la vie, et son fonctionnement général, la création de l’atmosphère, le vent, les nuages, la pluie, les éclaires, les glaciers, la neige, la limite entre la mer et les continents, les systèmes des rivières et des fleuves (canal pour l’inondation), la source de la lumière, l’astronomie par l’étude des constellations. En Job 39, 40 et 41, est décrit le règne animal.

Quand Jéhovah Dieu questionne Job sur ces domaines très variés de la connaissance de la création et des sciences, on suppose que Job est familiarisé dans ses domaines, sans avoir le savoir de la connaissance aussi complète de Jéhovah Dieu. Tout cela pour dire, que probablement, les contemporains d’Abraham, de Moïse, de Job et des orientaux en général, ils avaient ces connaissances générales pour pouvoir vivre dans ces lieux géographiques. Ainsi, à certains égards, la polyvalence ou une connaissance générale (le gnosis), peut se révéler plus avantageuse que des connaissances plus spécialisées (épignosis), sans cette culture générale. Les deux aspects de la connaissance, la polyvalence (gnosis) et la spécialité (épignosis), doivent être associés l’un avec l’autre, à la fois sur le plan individuel, comme de l’instruction général des peuples (même si, bien évidemment, le texte de Job est en langue hébraïque, qui n’a pas le même mot pour traduire, l’idée de "connaissance", qui en hébreu, doit être contextualisé dans le texte, pour en avoir le sens précis).

Revenons à la lettre aux Hébreux: "En effet, alors que vous devriez être des enseignants, compte tenu du temps, vous avez de nouveau besoin que quelqu’un vous enseigne depuis le commencement les choses élémentaires des déclarations sacrées de Dieu ; et vous en êtes arrivés au point d’avoir besoin de lait, non de nourriture solide" (Hébreux 5:12). Les choses élémentaires sont citées : "C’est pourquoi, maintenant que nous avons laissé la doctrine fondamentale concernant le Christ, portons-nous vers la maturité, sans poser de nouveau un fondement: repentance des œuvres mortes et foi envers Dieu, enseignement sur les baptêmes et imposition des mains, résurrection des morts et jugement éternel. Et c’est ce que nous allons faire, si toutefois Dieu le permet" (Hébreux 6:1-3). Et la "nourriture (spirituelle) solide" se trouve dans la quasi-totalité de la lettre inspirée écrite aux Hébreux (Des chapitres 1-13).

Quoique très intéressant, cette enseignement biblique profond n'est pas toujours facile à comprendre à la première lecture, au point même que l'apôtre Pierre lui-même a écrit, à propos des lettres inspirées de Paul: "Et considérez comme salut la patience de notre Seigneur, tout comme notre frère bien-aimé Paul, selon la sagesse qui lui a été donnée, vous l’a aussi écrit, parlant de ces choses ainsi qu’il le fait également dans toutes [ses] lettres. Il s’y trouve, cependant, certaines choses difficiles à comprendre, que les personnes sans instruction et instables déforment, comme [elles le font] aussi avec le reste des Écritures, pour leur propre destruction" (2 Pierre 3:15,16). Malgré le fait qu'il n'est pas toujours facile de comprendre à la première lecture cet enseignement biblique parfois très consistant, tous les chrétiens qui aspirent à atteindre la maturité chrétienne, particulièrement les enseignants de la Bible, doivent faire un effort pour le comprendre, en demandant l'aide de Dieu par la prière (Matthieu 11:25 ; 1 Corinthiens 2:16 ; Hébreux 5:11-14-6:1-3).

Il est important de ne pas oublier l’objectif de cette connaissance en relation avec l’intelligence et le discernement, c’est de chercher à encourager notre prochain et notre frère ou sœur dans la foi: "La connaissance gonfle, mais l’amour bâtit" (1 Corinthiens 8:1).

La sagesse donnée par Dieu

En proverbes 2:7, il y a l'expression de "sagesse pratique", comme étant la mise en pratique de la "connaissance". Effectivement, Jésus-Christ a associé la sagesse à la mise en pratique de la connaissance biblique, en contraste avec l'homme sot qui, ayant cette connaissance, n'en tient pas compte : "Tout homme donc qui entend mes paroles que voici et les met en pratique sera comparé à un homme avisé, qui a bâti sa maison sur le roc. Et la pluie est tombée à verse, et les inondations sont venues, et les vents ont soufflé et ont battu cette maison, mais elle ne s’est pas effondrée, car elle avait été fondée sur le roc. D’autre part, tout homme qui entend mes paroles que voici et ne les met pas en pratique sera comparé à un homme sot, qui a bâti sa maison sur le sable. Et la pluie est tombée à verse, et les inondations sont venues, et les vents ont soufflé et ont heurté cette maison, et elle s’est effondrée ; et sa chute a été grande" (Matthieu 7:24-27).

Néanmoins, compte tenu du contexte général de la Bible, on se rend compte que la sagesse a une dimension céleste qui n'est pas forcément le résultat d'une connaissance acquise, mais plutôt un don divin. D'ailleurs en Proverbes 2:6 il est écrit: "Car Jéhovah lui-même donne la sagesse" (Comparer avec Exode 36:1-4 "Bezalel et Oholiab"). Si effectivement la sagesse de Jéhovah découle du dépôt biblique de la connaissance, de la connaissance de sa création et de son observation, par sa mise en pratique, il y a des situations qui nécessitent cet éclair céleste de la sagesse divine. Prenons deux exemples : Jésus-Christ et le roi Salomon.

En une certaine circonstance, le roi Salomon s'est trouvé dans une situation humainement sans solution, voici le récit biblique: "À cette époque deux femmes, des prostituées, purent entrer chez le roi et se tenir devant lui. Alors l’une des femmes dit : “Pardon, mon seigneur, moi et cette femme nous habitons dans la même maison, de sorte que j’ai accouché auprès d’elle dans la maison. Et il est arrivé, le troisième jour après mon accouchement, que cette femme aussi s’est mise à accoucher. Nous étions ensemble. Il n’y avait pas d’étranger avec nous dans la maison, rien que nous deux dans la maison. Plus tard, le fils de cette femme est mort la nuit, parce qu’elle s’était couchée sur lui. Alors elle s’est levée au milieu de la nuit, a pris mon fils d’à côté de moi pendant que ton esclave dormait, et elle l’a couché sur son sein ; et son fils mort, elle l’a couché sur mon sein. Quand je me suis levée le matin pour allaiter mon fils, eh bien, voilà qu’il était mort. Je l’ai donc examiné le matin, attentivement, et voilà que ce n’était pas mon fils, celui que j’avais mis au monde. ” Cependant l’autre femme dit : “ Non, mais mon fils, c’est le vivant, et ton fils, c’est le mort ! ” Tandis que celle-là disait : “ Non, mais ton fils, c’est le mort, et mon fils, c’est le vivant. ” Et elles continuaient à parler devant le roi. Finalement le roi dit : “ Celle-ci dit : ‘ Voilà mon fils, le vivant, et ton fils, c’est le mort ! ’ et celle-là dit : ‘ Non, mais ton fils, c’est le mort, et mon fils, c’est le vivant ! ’ ” Puis le roi dit : “ Procurez-moi une épée. ” On apporta donc l’épée devant le roi. Alors le roi dit : “ Coupez en deux l’enfant vivant et donnez[-en] la moitié à l’une et l’autre moitié à l’autre. ”Aussitôt la femme dont le fils était le vivant dit au roi (car ses sentiments intimes s’étaient émus pour son fils, de telle sorte qu’elle dit) : “ Pardon, mon seigneur ! Donnez-lui l’enfant vivant. Surtout ne le mettez pas à mort. ” Tandis que l’autre femme disait : “ Il ne sera ni à moi ni à toi. Coupez ! ” Alors le roi répondit et dit : “ Donnez-lui l’enfant vivant ; non, vous ne devez pas le mettre à mort. C’est elle qui est sa mère. ” Et tout Israël apprit la décision judiciaire qu’avait rendue le roi ; et l’on fut saisi de crainte à cause du roi, car on voyait que la sagesse de Dieu était en lui pour exécuter la décision judiciaire" (1 Rois 3:16-28).

Ce récit et ainsi que sa conclusion est la démonstration que la sagesse de Dieu, n'est pas seulement la mise en pratique du dépôt de connaissance biblique, elle a une dimension céleste qui fait qu'en une fraction de seconde, sans que l'on sache comment, Jéhovah Dieu donne la solution qu'aucun humain sur terre aurait pensée. Cette sagesse n'est pas le résultat d'une longue carrière de juge qui aurait une longue expérience des délibérations judiciaires. Grâce à la sagesse divine, le jeune roi Salomon, en un éclair, a su quelle décision prendre pour délibérer entre ces deux femmes. La seule puissance de sagesse de cette décision judiciaire, inspirée par une sagesse complètement céleste, a plongé une nation entière de plusieurs millions d'habitants, dans une crainte révérencielle de ce roi qui était le représentant de l'autorité de Jéhovah. Et on en parle des milliers d'années après.

Il est aussi intéressant de noter que lorsque Jéhovah fait un don de sagesse à un humain, tant que celui-ci lui reste fidèle, il ne lui reprend pas ce don, il est permanent. Ainsi, dans ce cas précis, au-delà de la décision judiciaire spectaculaire de Salomon, Dieu a continué de lui donner cette sagesse en abondance, dans la suite de son règne :  "Et Dieu donnait à Salomon sagesse et intelligence dans une très large mesure, ainsi que largeur de cœur, comme le sable qui est sur le bord de la mer. Et la sagesse de Salomon était plus étendue que la sagesse de tous les Orientaux et que toute la sagesse de l’Égypte. Il fut plus sage que n’importe quel autre homme, plus qu’Éthân l’Ezrahite et que Hémân, Kalkol et Darda les fils de Mahol ; et sa renommée se répandit dans toutes les nations d’alentour. Il pouvait prononcer trois mille proverbes, et ses chants furent [au nombre de] mille cinq. Il parlait des arbres, depuis le cèdre qui est au Liban jusqu’à l’hysope qui sort de la muraille ; il parlait des bêtes, des créatures volantes, des animaux qui se meuvent et des poissons. On venait de tous les peuples pour entendre la sagesse de Salomon, oui de la part de tous les rois de la terre qui avaient entendu parler de sa sagesse" (1 Rois 4:29-34). Quand Jéhovah donne la sagesse, il la donne en abondance et de façon permanente.

Jésus-Christ, sur terre, avait une puissance de sagesse directement divine et pas toujours en rapport direct avec le dépôt écrit de la Bible, voici un exemple : "Les scribes et les prêtres en chef cherchèrent alors à porter les mains sur lui à cette heure-là même, mais ils eurent peur du peuple ; car ils s’étaient rendu compte que c’était à leur intention qu’il avait donné cet exemple. Et, après l’avoir surveillé de près, ils envoyèrent des hommes engagés secrètement pour faire semblant d’être justes, afin de l’attraper dans [ses] paroles, de manière à le livrer au gouvernement et au pouvoir du gouverneur. Et ils l’interrogèrent en disant : “ Enseignant, nous savons que tu parles et enseignes correctement et que tu ne fais pas preuve de partialité, mais que tu enseignes la voie de Dieu en accord avec la vérité : Nous est-il permis ou non de payer l’impôt à César ? ” Mais il discerna leur ruse et leur dit : “ Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’image et l’inscription ? ” Ils dirent : “ De César. ” Il leur dit : “ Sans faute donc, rendez les choses de César à César, mais les choses de Dieu à Dieu. ” Ainsi, ils ne purent pas l’attraper dans cette parole devant le peuple, mais, stupéfaits de sa réponse, ils ne dirent rien" (Luc 20:19-26).

La puissance de sagesse divine de Jésus-Christ était semblable à celle de Salomon, voir même largement supérieure. La réponse du Christ venait directement de l'esprit de sagesse céleste dont son Père l'avait doté. Il y aurait bien d'autres exemples qui montrent que la sagesse de Dieu est un don qui n'est pas lié systématiquement à la connaissance ou l'intelligence des Saintes Écritures ou une grande culture générale dans les sciences ou les lettres. D'ailleurs, en une certaine circonstance Jésus-Christ a dit ceci, à ses disciples (qui pour la plupart n’avaient pas une grande instruction (Actes 4:13)): "Mais quand on vous conduira pour vous livrer, ne vous inquiétez pas d’avance de ce que vous devrez dire ; mais ce qui vous sera donné à cette heure-là, cela, dites-le, car vous n’êtes pas ceux qui parlent, mais c’est l’esprit saint" (Marc 13:11). La force agissante de Dieu, l’esprit saint, allait être l’énergie de la puissance de la sagesse divine, pour les disciples d’alors.

Par conséquent, si nous voulons acquérir de la sagesse, nous devons la demander par la prière et mettre en pratique dans notre vie, la Parole de Dieu la Bible : "Mais son plaisir est dans la loi de Jéhovah, et dans sa loi il lit à voix basse jour et nuit. À coup sûr, il deviendra comme un arbre planté près de ruisseaux d’eau, qui donne son fruit en son temps et dont le feuillage ne se flétrit pas, et tout ce qu’il fait réussira" (Psaumes 1:2,3).

Le sentier du jugement par conscience bien exercée

"Mais la nourriture solide est pour les hommes mûrs, pour ceux qui, par l’usage, ont les facultés de perception exercées à distinguer et le bien et le mal" (Hébreux 5:14). L'expression "facultés de perception exercées à distinguer et le bien et le mal", semble faire allusion a la conscience. Dans une autre lettre adressée aux chrétiens de Rome, l'apôtre Paul donne une définition de la conscience qui statue entre le bien et le mal: "Car lorsque des gens des nations qui n’ont pas [la] loi font naturellement les choses de la loi, ces gens, bien que n’ayant pas [la] loi, sont une loi pour eux-mêmes. Ce sont ceux-là mêmes qui montrent que le contenu de la loi est écrit dans leur cœur, tandis que leur conscience témoigne avec eux et que, entre leurs pensées, ils sont accusés ou même excusés" (Romains 2:14,15). L’apôtre Paul définit dans ce texte, une conscience au sens général, en tant que don divin pour l’ensemble de l’humanité. Cette conscience a besoin d’être plus précisément éduquée dans le cadre de la spiritualité biblique, la volonté de Dieu (2 Timothée 3:16,17).

Bien évidemment, dans le contexte de Hébreux 5:14, la "facultés de perception exercées à distinguer et le bien et le mal" ou la conscience "exercées à distinguer et le bien et le mal", est le résultat à la fois d'une longue expérience de vie basée sur l'application dans notre vie, des principes bibliques. Celui ou celle qui aura atteint la maturité chrétienne, sur la base de la connaissance divine, du discernement, de la perspicacité et de la sagesse donnée par Dieu, démontrera devant Dieu et les hommes, qu'il a une conscience bien éduquée et bien exercée à faire la différence entre le bien et le mal, dans des situations ambigües, intermédiaires et complexes, un peu comme le roi Salomon et dans une moindre mesure, comme Jésus-Christ. Ce faisant, par son comportement plein de sagesse divine, il rendra gloire à Dieu : "Vous êtes la lumière du monde. Une ville ne peut être cachée quand elle est située sur une montagne. On allume une lampe pour la mettre, non pas sous le panier à mesurer, mais sur le porte-lampe, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes, pour qu’ils voient vos belles œuvres et rendent gloire à votre Père qui est dans les cieux" (Matthieu 5:14-16).